Archives mensuelles : avril 2016

Éolien : le Québec stoppe le gâchis


Après la Bavière*, le Québec dit : ÇA SUFFIT !
(et depuis, la Pologne*…)


La Mauricie National Park
Parc national de la Mauricie



Avec ses grands barrages, le Québec produit beaucoup d’électricité. Traditionnellement, les surplus étaient vendus aux États Unis, mais avec l’arrivée du gaz de schiste, ce débouché s’est progressivement fermé. Malgré cela, son ancien gouvernement s’était laissé “convaincre” par le lobby éolien de payer des subventions à l’industrie du vent, moyennant quoi des éoliennes étaient apparues dans “La Belle Province”, défigurant les paysages les uns après les autres. Mais au fil des années, la note est devenue salée, car malgré les surplus croissants, le coût de l’électricité s’était mis à grimper. Les subventions, ça n’est pas gratuit.


Le nouveau gouvernement québécois, faisant preuve de bon sens, vient enfin d’arrêter le gâchis : les nouveaux parcs éoliens n’auront plus droit aux subventions, prix garantis et autres faveurs. Résultat : le lobby a beau huiler les gonds de la porte qui vient de se fermer, l’éolien est bel et bien gelé au Québec ( sauf pour les projets en cours ).


Reste la note à payer pour les subventions accordées antérieurement, qui sont garanties. On lit dans Le Journal de Montréal du 9 de ce mois : “Les quatre millions de clients d’Hydro-Québec devront absorber une facture de 23 milliards $ d’ici 2042 pour les parcs éoliens qui existent déjà, selon ce qu’a appris le Bureau d’enquête.” ( Hydro-Québec est l’équivalent quebécois de notre EDF – ndlr ).  Le Journal de Montreal.


Le calcul est simple : cela fait une moyenne de 5.750 dollars par client, pour des éoliennes dont les Québécois n’avaient nullement besoin. La situation est similaire en France, à la différence près que notre dépensière nationale n’a rien appris de ses expériences malheureuses à la tête de la région Poitou-Charentes, et qu’elle continue à gaspiller de plus belle : 24 centimes d’euros le kWh garantis aux parcs éoliens en mer, contre 4 à 5 centimes sur le marché libre. Comme si les Français avaient les moyens de payer l’électricité 5 fois son prix…


Souhaitons que quelqu’un lui mette sous les yeux cette réflexion empreinte de sagesse, qui nous vient d’outre-Atlantique : « Si l’on veut lutter contre les gaz à effets de serre, il faut évaluer les coûts et bénéfices des différents moyens, et choisir les plus efficients, ajoute Youri Chassin*. Le gouvernement se doit de prendre des décisions rationnelles basées sur l’efficacité, et non axées sur un soutien artificiel de filières énergétiques qui coûtent cher et donnent peu de bénéfices. Il ne faudrait pas répéter avec les voitures électriques la même erreur qu’avec l’éolien. »  Lire l’article.


   * Contrepoints: La Bavière met un frein à l’énergie éolienne
NB : avant elle, la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont arrêté l’éolien à cause de son coût exorbitant.  Et tout récemment, la Pologne a adopté les mêmes restrictions draconiennes que la Bavière, contre l´éolien. 

** Youri Chassin est économiste et directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal ( IEDM ), un organisme de recherche et d’éducation indépendant, non partisan et sans but lucratif.



André Bertin

Cet article a été publié antérieurement par Contrepoints



18 parcs éoliens offshore de plus !

Le projet au sud de l’île est loin d’être mort.

Hier, on a pu lire dans la presse : « le ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a officiellement annoncé le lancement d’un nouvel appel d’offres (le troisième) pour l’éolien offshore français. En concurrence avec dix-huit autres zones, c’est celle de Dunkerque qui a été retenue. »

Vous avez bien lu : « en concurrence avec 18 autres zones ». Ceci veut dire qu’il en reste maintenant 17. Il y a tout lieu de croire que la zone au sud de l’île d’Yeu en fait partie. Comme pour le projet de Dunkerque, dont il est dit dans l’article qu’on le croyait abandonné, le gouvernement préfère manifestement l’opacité. Ainsi, pas besoin d’études d’impact cumulatif sur l’environnement. On se moque des Directives de Bruxelles en la matière. Les oiseaux migrateurs qui volent au dessus de la mer en suivant la côte seront décimés, depuis Dunkerque jusqu’aux plages des Landes.

Et comme le plan est annoncé au compte gouttes, les citoyens ne peuvent même pas saisir la Commission européenne, d’autant que les études d’impact sont publiées peu de temps avant la construction, et qu’il faut 18 mois à la Commission pour répondre. Bref, le gouvernement se moque de l’environnement comme il se fiche de la pêche, des plaisanciers, et du tourisme côtier ou balnéaire.

Il s’agit aussi d’endormir les habitants concernés : il ne faut pas effrayer les populations en annonçant tous les projets d’un coup. D’ailleurs, si ça se trouve, parmi les 17 zones restantes il ne serait pas étonnant qu’il y en ait une troisième visible de l’île d’Yeu. Devant les plages qui regardent le continent, peut être, depuis Ker Châlon jusqu’aux Corbeaux ? Pourquoi pas ? Une fois le charme de l’île brisé par le premier projet, et l’opposition se trouvant découragée, les élus pourront donner libre cours à leurs appétits.

Les 18 zones ne sont pas une faute de frappe : on en parle une deuxième fois dans l’article : « sur dix-huit zones candidates au départ, puis quatre dans la short list du ministère, celle retenue se situera au large de Dunkerque. »

Voici l’article au complet, dans La Voix du Nord :
Ségolène Royal annonce l’implantation d’éoliennes offshore à Dunkerque