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Quai du Canada : ça coince

« Le conseil municipal a validé les trois emplacements alloués à la base de maintenance du parc éolien offshore. Mais celui prévu quai du Canada a soulevé diverses interrogations. »

( Extraits de Ouest France – voir lien à la fin )

« Comment les activités de maintenance du parc éolien en mer s’accorderont-elles à l’agrément du port de pêche, à L’Île-d’Yeu ? » 

port-joinville-bateaux-de-peche

« Le dernier conseil municipal était animé. En effet, la soirée de mardi s’est conclue par la validation, dans leur principe, des emplacements alloués à la base de maintenance du parc éolien, prévu au large de l’île. En revanche, un emplacement a posé des questions de pertinences. Celui du quai du Canada.

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Photo : au premier plan, le Quai du Canada, le plus attrayant de Port Joinville.

Les propositions d’Adwen ont suscité incompréhension, notamment des marins. Deux bateaux de 32 m de long et 13,50 m de large sont prévus, alors que des navires d’une quinzaine de mètres avaient été annoncés, lors du débat public en 2015. Un ponton de 5 m de large serait aménagé le long du quai du Canada, lequel devrait accueillir une grue – plutôt que l’installer à bord. « Avec un bateau à quai, il ne resterait qu’un peu plus de la moitié du passage actuel, entre les extrémités du quai du Canada et du quai Martin », remarque Sébastien Chauvet, élu de l’opposition. »

Lire l’intégralité de cet article dans l’édition du vendredi 25 novembre, ou dans le journal numérique

http://www.lessablesdolonne.maville.com/actu/actudet_-eolienne-a-l-ile-d-yeu-un-lieu-de-maintenance-qui-coince_fil-3089560_actu.Htm?

Notre commentaire : il faudra déplacer le pittoresque marché. Quant à la vue qu’on aura depuis les terrasses de café :  une grue, et des bateaux de maintenance des plus laids (dont un de 32 mètres ! ). Sans compter le matériel industriel déposé sur le quai, les camoins etc… Bravo Monsieur le Maire, faisons fuir les touristes et les estivants !

Photomontages trompeurs


Peut-on se fier aux photomontages?



Voici les éoliennes telles qu’on les verrait (version officielle) depuis Noirmoutier – c’est à dire à 17 km environ. http://vendee.eoliennes.non.free.fr/videos/noirmoutier.gif


Elles seront plus proches de l’île d’Yeu : 11,8 km, au lieu de 17 km.


L’important, c’est de réaliser que c’est un photomontage fait par des gens qui veulent nous vendre leur projet. Ils utilisent donc tous les artifices à leur disposition, notamment un objectif à grand angle qui donne une vue « panoramique ». L’avantage, pour ces vendeurs professionnels, c’est que cet objectif a pour effet de rapetisser les choses.

Voici, par contre, le photomontage réalisé par Philippe de Villiers. Il était, lui, beaucoup plus proche de la réalité:

Visuel Philippe de Villiers
Parc éolien vu de la Pointe du But


Mais la réalité sera pire encore.
Pour comprendre à quel point les photomontages sont trompeurs, il vous faudra aller à Bouin, au carrefour des D21 et D59 (à 1.5 km des feux rouges de Bouin en direction de Bois de Céné). Là, vous pourrez vous rendre compte de ce que l’on verra vraiment depuis l’île d’Yeu. Car les 8 éoliennes de Bouin font 102 m de haut, soit environ la moitié des monstres de 210 m qu’ils vont mettre mer. Quant à la distance, le carrefour D21/D59 est à 6 km environ du parc éolien de Bouin, tel que l’on peut voir sur la carte Google, ici. On aperçoit les éoliennes et leurs ombres le long de la petite route rurale sans numéro qui se trouve à 500 m de la côte, à mi-chemin entre Bouin et Beauvoir sur Mer.

En vertu du théorème de Thalès, des éoliennes de 204 m de haut vues à une distance de 12 km paraissent aussi hautes que des éoliennes de 102 m de haut vues à une distance de 6 km.


Allez-y : vous serez abasourdis.


Un autre aspect de la chose a trait à l’effet psychologique. Si vous regardez un paysage marin “agréable à l’oeil”, il est en fait “agréable à votre cerveau”, car il entre dans le cadre de l’idée que vous vous faites des vacances, de la mer, et des activités de loisirs. Mais si 62 éoliennes se profilent à l’horizon, transformant la mer ouverte en un lac fermé dont la rive opposée est industrielle, il est évident que votre cerveau réagira négativement et se concentrera sur la vue des éoliennes. L’envie de vous baigner dans un océan aux horizons sans fin se transformera en l’idée beaucoup moins excitante d’un bain qui aura l’air de se passer au pied d’éoliennes industrielles, même si elles se trouvent à 11,8 km. C’est psychologique, mais ça n’en est pas moins réel puisque c’est la perception que votre cerveau en aura.


On dit souvent d’une horreur installée dans un joli paysage: « on ne voit que ça ». Effectivement, notre cerveau est choqué par l’élément qui ne cadre pas dans le « tableau », et notre coeur même s’en émeut. C’est un réflexe humain, tout simplement. On finira donc par ne voir QUE les éoliennes. Ce sera d’autant plus néfaste au tourisme qu’on les verra depuis Fromentine, et pendant toute la traversée. L’île d’Yeu fera tout d’un coup partie de la banlieue de St Nazaire.


Plus question alors de résister au second projet, au sud de l’île. Les opposants, découragés, n’auront plus le coeur de se battre. On pourra faire une croix sur l’île d’Yeu, aux horizons pollués. Merci, Monsieur le Maire!



18 parcs éoliens offshore de plus !

Le projet au sud de l’île est loin d’être mort.

Hier, on a pu lire dans la presse : « le ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a officiellement annoncé le lancement d’un nouvel appel d’offres (le troisième) pour l’éolien offshore français. En concurrence avec dix-huit autres zones, c’est celle de Dunkerque qui a été retenue. »

Vous avez bien lu : « en concurrence avec 18 autres zones ». Ceci veut dire qu’il en reste maintenant 17. Il y a tout lieu de croire que la zone au sud de l’île d’Yeu en fait partie. Comme pour le projet de Dunkerque, dont il est dit dans l’article qu’on le croyait abandonné, le gouvernement préfère manifestement l’opacité. Ainsi, pas besoin d’études d’impact cumulatif sur l’environnement. On se moque des Directives de Bruxelles en la matière. Les oiseaux migrateurs qui volent au dessus de la mer en suivant la côte seront décimés, depuis Dunkerque jusqu’aux plages des Landes.

Et comme le plan est annoncé au compte gouttes, les citoyens ne peuvent même pas saisir la Commission européenne, d’autant que les études d’impact sont publiées peu de temps avant la construction, et qu’il faut 18 mois à la Commission pour répondre. Bref, le gouvernement se moque de l’environnement comme il se fiche de la pêche, des plaisanciers, et du tourisme côtier ou balnéaire.

Il s’agit aussi d’endormir les habitants concernés : il ne faut pas effrayer les populations en annonçant tous les projets d’un coup. D’ailleurs, si ça se trouve, parmi les 17 zones restantes il ne serait pas étonnant qu’il y en ait une troisième visible de l’île d’Yeu. Devant les plages qui regardent le continent, peut être, depuis Ker Châlon jusqu’aux Corbeaux ? Pourquoi pas ? Une fois le charme de l’île brisé par le premier projet, et l’opposition se trouvant découragée, les élus pourront donner libre cours à leurs appétits.

Les 18 zones ne sont pas une faute de frappe : on en parle une deuxième fois dans l’article : « sur dix-huit zones candidates au départ, puis quatre dans la short list du ministère, celle retenue se situera au large de Dunkerque. »

Voici l’article au complet, dans La Voix du Nord :
Ségolène Royal annonce l’implantation d’éoliennes offshore à Dunkerque



Éoliennes et mammifères marins


17 cachalots échoués sur les plages dans une vaste zone d’éoliennes offshore


Sperm whales beached at Skegness - Jan 2016
Ces deux cachalots, et trois autres, furent trouvés sur une plage anglaise de la Mer du Nord ;
12 autres s’échouèrent en Allemagne et aux Pays-Bas.


Sperm whale beached near wind farms of Lynn, Inner Dowsing and Lincs
Sur l’un des 5 cachalots échoués en Angleterre, des activistes anti-nucléaires ont écrit un slogan pour faire croire que les éoliennes que l’on voit derrière ne sont pas responsables.

 

Map of sperm whale beachings in the north Sea - Jan 2016
Ces cachalots faisaient partie d’un même groupe, qui suivirent la route indiquée ci-dessus.

« Strandings are common in the North Sea but there hasn’t been one on this scale ‘in decades’, according to experts ». Traduction : selon les experts, les échouages ne sont pas rares en Mer du Nord, mais cela faisait des dizaines d’années qu’il n’y en avait eu autant.
Voir la carte ci-dessus, et de nombreuses photos, dans l’article du Daily Mail

 

Map offshore windfarms northern Europe
Les 17 cachalots sont morts dans une zone de la Mer du Nord saturée par les sons et infrasons émis par les bateaux et les éoliennes. Voyez ci-dessus  la carte des centrales éoliennes offshore. Source  : http://www.4coffshore.com/offshorewind/

 

Discussion
Il est possible que des baleines malades ou âgées choisissent des eaux très peu profondes pour dormir à l’abri des orques. En tant qu’espèces pélagiques, elles ignorent le phénomène des marées, et peuvent donc être surprises par la marée basse pendant leur sommeil. Celles qui sont en bonne santé, par contre, pourraient s’échouer en cherchant à s’échapper d’un milieu devenu toxique ( eau contaminée ) ou insupportable à d’autres égards ( bruit et infrasons ).

En tout état de cause, il est reconnu que la pollution acoustique affecte leurs aptitudes à se nourrir et à naviguer: “It is likely that acoustic masking by anthropogenic sounds is having an increasingly prevalent impact on animals’ access to acoustic information that is essential for communication and other important activities such as navigation and prey/predator detection” – (Clark et al., 2009) —> Acoustic masking in marine ecosystems
Traduction: « il est probable que le masquage acoustique par des bruits anthropogéniques impacte de plus en plus fréquemment l’accès des animaux à l’information acoustique qui est essentielle pour la communication et autres activités importantes comme la navigation et la détection des proies/prédateurs ».

D’une façon ou d’une autre, le bruit et les infrasons émis par les éoliennes en mer ne peuvent que réduire les chances de survie des mammifères marins. Les poissons pélagiques pourraient être également affectés. Quand à la vie sur les fonds marins, comme par exemple celle des soles ou des crustacés, elle subira en plus l’impact des vibrations sismiques transmises des rotors aux fonds marins, et ce jusqu’à 50 km ( davantage encore pour les méga-éoliennes de, par exemple, 8 MW ). Ces machines émettent en effet du « bruit sismique » —> “seismic noise »

 

Post Scriptum : selon Ouest France, le chiffre des cachalots échoués en Mer du Nord ces dernières semaines s’élève maintenant à 29 —> Ouest France du 5 février Ils se réfèrent à un nouvel article du Daily Mail et, bien sûr, se gardent bien de mentionner les éoliennes comme fait nouveau qui pourrait expliquer cette catastrophe écologique —> Daily Mail Feb. 4, 2016

 

 

 

L’autre projet éolien, au Sud


L’Ile d’Yeu est également menacée au Sud


horizons libres
Photo : voici un horizon libre, propre, qui nous détend et nous inspire. Maintenant imaginez cet horizon pollué par 60 ou 80 éoliennes de 210 m de haut ( environ 6 fois + hautes que notre Grand Phare ) … Ça changerait tout, surtout pour nos estivants.



L’Etat n’a pas éliminé la possibilité d’un projet éolien en mer au Sud de l’Ile. Pourtant, notre vue de la mer serait enlaidie depuis les Corbeaux jusqu’au Châtelet. On parle d’un troisième appel d’offres, et déjà les profiteurs de subventions s’impatientent …

3º appel d'offres


Une fois autorisé le projet Nord sans retour en arrière possible, plus rien n’empêchera de lancer le 3º appel d’offres, et d’y inclure le massacre de notre Côte Sauvage. Il s’agira seulement pour les promoteurs « d’arroser » un peu plus – voir : un arrosage financier aboutissant à la neutralisation des oppositions éventuelles


Ça ne devrait pas être difficile. On a remarqué chez nos élus une étonnante indifférence quant aux sites et paysages de l’Ile. Les dolmens classés « monuments historiques », par exemple, ne les ont pas empêchés de voter en faveur de la pollution visuelle de l’horizon Nord, en fond de toile ci-dessous.

Dolmen de la Planche à Puare
Dolmen de la planche à Puare, 3 000 ans avant J.C.



Sur terre, aux Corbeaux, l’Ile sera enlaidie par une autre lubie superflue et coûteuse  : «  Nous avons en projet un parc photovoltaïque sur l’ancienne décharge des Corbeaux et sur la toiture du centre technique municipal, qui couvrirait 15 % à 20 % de la consommation électrique de l’île  » ( et seulement quand le soleil brillera – ndlr ), a dit notre maire à la journaliste Monik Malissard – LA GAZETTE ANNONCES ▪ N°220 ▪ 15 OCTOBRE 2015 ▪ PAGE 14 ( voir le lien à la fin de cet article ).


Il a ajouté : « Nous envisageons aussi de produire de l’hydrogène, avec l’électricité non utilisée du parc éolien, en vue notamment d’alimenter des véhicules. » Ces paroles reflètent les idées fausses sur lesquelles repose l’acceptation du projet éolien, dont l’électricité sera versée au réseau national dès que produite : il ne sera pas possible de la séparer ni même de la différencier des autres. En fait nos politiques ignorent presque TOUT de l’éolien, s’imaginant par exemple des effets positifs illusoires ( emplois locaux ), et ne savent RIEN des effets négatifs, qui eux sont bien réels.


Qui parmi eux a jamais soulevé le grave problème des infrasons, par exemple, que les gouvernements refusent de considérer malgré toutes les études reconnues par la communauté scientifique ? Pourtant, au Canada, la Royal Society of Medicine précise les critères de diagnostic permettant d’en reconnaître … les effets dans un rayon de 10 km autour d’éoliennes industrielles
Ce n’est qu’un début, car on sait que les infrasons voyagent très loin (40 – 50 km). En Australie, le Sénat reconnaît également le problème, qui s’accroît avec la puissance des éoliennes et la durée de l’exposition. Or les nôtres seront de 8 MW, du jamais vu, 3 fois plus puissantes que celles de Bouin.


Ignorance également en ce qui concerne la production d’hydrogène, qui consomme beaucoup d’électricité, ce qui serait contre-productif. Les Islandais, ayant de l’énergie propre à revendre, se sont lancés dans cette voie en 1998. Mais ils se sont enlisés dans ce bourbier : ils n’ont pas été plus loin que leurs 3 autobus expérimentaux. Heureusement que nous avons des élus qui vont leur montrer comment faire… 🙂


« Un port n’est pas un monument touristique mais un outil de travail. La maintenance du parc éolien nécessiterait la présence de 2 à 3 navires de 20 à 30 m … nous leur affecterions le quai du Canada. »
Et vlan ! Le Maire nous annonce la défiguration programmée de Port Joinville. Le petit marché, si pittoresque sur ce quai du Canada, le plus attrayant du port avec son phare-balise prisé des photographes et ses bateaux de pêche colorés : à la trappe ! On n’arrête pas le progrès ! Arrosage financier oblige ! Tant pis pour les Islais, le tourisme, et le futur de l’Ile à long terme ! Tuons la poule aux oeufs d’or, et goinfrons nous !


Les vandales de tout poil, ceux qui sont prêts à détruire l’attrait qu’exerce l’île sur les estivants qui la font vivre, n’ont pas d’état d’âme. Il leur suffit d’avoir l’appui des naïfs qui pensent que l’éolien est « vert », alors que la France construit en douce des centrales à gaz pour « réguler » l’énergie du vent, instable par nature. Un véritable non sens ! Et nous qui nous disons cartésiens !  – voir l’avis des experts

quai du Canada et son phare
Le petit phare du quai du Canada.



Interview du Maire :  La Gazette – Téléchargez le numéro 220 du 16 octobre 2015, et allez à la page 14