Archives mensuelles : décembre 2015

Le photomontage de Martine Genty


Comparer avec le château d’eau du continent :
une bonne façon pour nous ouvrir les yeux


Ouest France - eoliennes-trois-fois-plus-grandes-quun-chateau-deau
La hauteur des éoliennes, calculée par Martine Genty
Source : Ouest France
Aussi reproduit dans La Gazette de l’île – nº 221 – décembre 2015 – téléchargeable ici



Sur ce visuel à partir d’une photo prise de Port Joinville, on aperçoit à l’horison le château d’eau « Kulmino ». Publié par Ouest France et la Gazette, il est encadré de deux traits tracés à la main. Martine Genty, insulaire, photographe professionnelle, a réalisé ce photomontage pour avertir les Islais de la hauteur des éoliennes telles qu’on les verrait depuis la côte nord de l’île.


Explication des deux traits :

1) celui de droite représenterait la hauteur d’une éolienne de 210 mètres de haut (projet Yeu-Noirmoutier) telle qu’on la verrait si elle était placée à la même distance que le Kulmino, qui fait 70m de hauteur. L’éolienne est 3 fois plus haute (70 x 3 = 210), mais sur le montage elle apparaît environ 5,5 fois plus haute. Ceci nous paraît exagéré, mais il faut considérer qu’environ un tiers du château d’eau nous est masqué par la dune côtière et la forêt domaniale qui la recouvre (le Kulmino se trouve loin derrière, à seulement 3m au dessus du niveau de la mer). Auquel cas il faudrait calculer environ 4 fois ce qu’on aperçoit de ce château d’eau pour représenter la hauteur une éolienne de 210m sans dune qui la cacherait en partie.

Voici le Kulmino vu dans sa totalité:

Kulmino
Son pied est sensiblement plus long que ce qu’on en aperçoit de l’île.

2) le trait de gauche représenterait la hauteur de la même éolienne vue à 11,7km, soit la distance entre le dit projet et l’île. Ce trait devrait donc être environ deux fois plus haut que celui de droite – 11,5 x 2 = 23km, qui est la distance du Kulmino, et non pas 28km comme le dit l’article. Il est donc trop haut tel que représenté, en partie à cause de l’erreur des 28km.

Le trait de gauche devrait donc représenter environ 8 fois la hauteur du Kulmino tel que vous le voyez vous-même depuis de brise-lames un jour de moyenne ou bonne visibilité. Soit environ une fois et demi le trait de droite sur le visuel de Martine Genty ci-dessus (45% plus haut).

Ensuite, imaginez 62 éoliennes de cette hauteur occupant l’horizon de la côte nord/nord-ouest. Celles des 2º, 3º, 4º rang etc seront de moins en moins hautes, telles que représentées sur le photomontage du CGV (Conseil général de Vendée) reproduit en bas de cet article). A l’époque, la presse s’était déchaînée contre ce visuel que nous montrait Philippe de Villiers, l’accusant de tricherie. Nous voyons bien aujourd’hui qu’il avait raison*, et que le promoteur, la presse, les élus de l’île, les « arrosés »** et les histériques de l’éolien sont ceux qui se trompaient (ou qui nous trompaient).
  * il s’agissait alors d’éoliennes de 150m de haut placées à 13,5 km, contre 210m à 11,7km
aujourd’hui – donc elles apparaîtront encore plus hautes que sur le visuel du CGV.
  ** « arrosés » – voir: Les conflits d’intérêts faussent le débat

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62 éoliennes géantes de 210 m de haut à 11,7 km de l’île d’Yeu



Que dire de tout cela? Eh bien qu’on s’est payé notre tête quand WPD, le premier promoteur, a publié il y a quelques années un photomontage trompeur sur lequel on ne voyait pas du tout les éoliennes (1). Que le CGV, sous la présidence de Philippe de Villiers, avait publié un autre photomontage pour rétablir la vérité (ci-dessous). Mais que notre Conseil municipal a préféré donner sa confiance au promoteur – ce qui, lorsque deux visuels si différents sont opposés, trahit un manque de prudence insigne, pour ne pas dire plus… En effet, on apprend le théorème de Thalès au lycée…

Visuel Philippe de Villiers
Pointe du But: visuel du Conseil général de Vendée, du temps où il prenait la défense des îles.



En résumé, que s’est il passé? – Il s’est passé qu’on nous a enfumés. Que les médias, à la botte du gouvernement, ont prétendu que le CGV avait triché avec son visuel. Que Philippe de Villiers a quitté la politique et que le CGV s’est empressé de retourner sa veste. Que les photomontages présentés au mois d’août par le nouveau promoteur utilisent des artifices pour diminuer l’impact visuel : angle d’ouverture de l’objectif, choix des premiers plans, lumière, brume de mer, position du soleil, nuages etc… – bref, que l’on continue à nous prendre pour des imbéciles. Enfin, que le réveil des Islais favorables au projet sera brutal quand ils découvriront l’horreur en se promenant le long de la Côte aux Roses, en regardant le coucher du soleil à la Pointe du But, ou plus généralement en regardant la mer au nord/nord-ouest. Même la nuit, des lumières clignotantes leur rappelleront la présence des monstrueux engins.

On verra de plus une partie de cette gigantesque installation industrielle (3,5 fois la taille de l’île) depuis de nombreux endroits : héliport, Pointe Gilberge, Pointe Gauthier, pointe du Châtelet. Et puis les pales seront sans doute visibles au dessus de certains paysages islais, notamment entre la Pointe du But et celle du Châtelet (voir carte du projet, ci-dessus).


Il est facile d’imaginer le désenchantement des estivants et autres touristes, principaux créateurs d’emplois sur l’île. Pas besoin d’être devin pour prédire que beaucoup iront voir ailleurs. Quant aux Islais, il leur restera leurs yeux pour pleurer. Ils pourront alors tourner leur colère contre les élus, les pêcheurs, les associations, et tous les arrosés.


(1) La supercherie – premier projet, dit « des deux îles »

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Contamination : 2º volet


Dissolution de métaux toxiques dans la mer
( 10 tonnes par éolienne ! )



Contamination par les éoliennes : il n’y a pas que l’huile et les détergents (1). Pour empêcher les fondations d’acier de rouiller, on les recouvre d’une peinture spéciale appliquée sur les zones exposées à l’air, et pour la partie immergée on ajoute des anodes sacrificielles faites d’aluminium, de zinc et d’indium (2).


Ce dont le constructeur ne se vante pas, c’est que ces protections chimiques se dégradent avec le temps, l’action du sel et des éléments. Des composés métalliques se dissolvent donc dans nos eaux côtières, à raison de 10 tonnes par éolienne au cours de sa vie utile. Cela fait 620 tonnes pour les 62 éoliennes du projet, ce qui ne sera pas sans effets sur le poisson, les coquillages et les crustacés que nous mangeons…


Ces chiffres ont été calculés par un organisme officiel allemand, tel que révélé par le prestigieux magazine d’Outre Rhin, Der Spiegel (3). L’association Gardez les Caps, qui s’oppose à un projet éolien offshore dans la baie de Saint-Brieuc, en a fait la traduction (4).



Sources :

1) Contamination par les éoliennes : l’huile des boîtes de vitesses et les détergents

2) Les anodes sacrificielles : STX France devoile une nouvelle fondation d’eolienne Offshore

3) Contamination par composés métalliques : 10 tonnes par éolienne. Voir l’article publié dans DER SPIEGEL

4) Traduction de l’article par Gardez les Caps : aluminium et métaux lourds



Contamination par éoliennes


Ne pas manquer la mise à jour du 7 décembre : crevettes contaminées au Mexique – voir la vidéo à la fin.


UNE ÉNERGIE VERTE ?


Abundant oil leak
Fuite d’huile d’une éolienne terrestre



Les boîtes de vitesses des éoliennes sont leur point faible, et les fuites d’huile ne sont pas rares. L’âge et l’usure n’arrangent rien.


Les éoliennes terrestres, en France, ont une puissance de 750 kW à 2,5 MW – jusqu’à 3 MW pour les toutes dernières. Les éoliennes en mer seront de 8 MW. Elles auront une boîte de vitesses beaucoup plus grosse, contenant beaucoup plus d’huile: 1.200 litres chacune. Et il y aura 62 de ces monstres polluants à seulement 11 km des côtes de l’île d’Yeu. Il faudra les vidanger, laver les mâts au détergent, ainsi que les pales recouvertes d’insectes, régulièrement. Huile et détergents seront emmenés par les courants vers les côtes.

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Une autre éolienne qui perd de l’huile



Pour voir les accidents qui affectent les éoliennes dans le monde (liste très longue, et pourtant incomplète) :  Accidents éoliens dans le monde

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L’huile descend le long du mât



Au bout de quelques jours, de nombreux insectes y restent collés. Pour maintenir l’image de propreté qu’on veut donner aux éoliennes, il est nécessaire de laver cette huile.

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Pour laver l’huile : eau sous pression et détergents, un autre polluant



Le lavage des pales, où s’entassent des insectes morts mais aussi de l’huile, se fait par hélicoptère : il y a quantités d’images sur Internet. Mettez ces mots dans le moteur de recherche Google : helicopter washing wind turbine.
Il y a même une démonstration sur vidéo Mais là tout est propre, alors pas besoin de détergent. On y explique que le rendement des éoliennes baisse de 3% par an à cause des insectes morts collés sur les pales. Ceux-ci incluent aussi, malheureusement, abeilles, libellules et papillons. Sans compter le sang et les plumes d’oiseaux.


Ajout du 7 décembre :
Dans la vidéo suivante, à partir de la minute 7:05, on voit des pêcheurs du Mexique se plaindre de ce que l’huile des éoliennes contamine les crevettes de la lagune, dont ils vivent : crevettes contaminées